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  • Photo du rédacteurEliana G.

Un peu de Blues et un peu d'âme

Dernière mise à jour : 11 oct. 2021



« Deux trois notes, une envie de bonheur
Un peu de soul
Et je m'enflamme
Pour une vie de toutes les couleurs
Juste un peu de blues
Un peu d'âme
Je fredonne mes notes et mes humeurs  
Toi mon amour qui m'accompagne
De ville en ville, de cœur en cœur.» Christophe Maé

 

L’automne est pour nous tous une période transitoire et précurseure de l’hiver. Une saison qui nous réchauffe par la richesse de ses couleurs. Entre le chaud et le froid, entre la grisaille et le soleil, c’est une saison extraordinaire pendant laquelle tous nos sens s'aiguisent.


Pour ElianaZoom c'est aussi une opportunité pour se ressourcer, réfléchir, s'assumer, et surtout prendre du recul du quotidien afin de mieux communier avec ce qui m'entoure.



En automne j'aime prendre en photo les paysages colorés, mais surtout chercher et trouver ces feuilles solitaires, tombées d'un arbre ou qui s'accrochent à une branche, à une tige, ou même à un fil à soie tissé par les araignées.


Lorsque j'en trouve une, je m'arrête et je la regarde. Je suis fascinée par sa fragilité mais aussi par sa force, sa tenacité à s'accrocher à la vie en dépit des intempéries, de la neige et de sa décrépitude.




Ces feuilles d'automne nous offrent leur plus bel apparat coloré, une dernière danse avant de s'envoler et nous faire leurs adieux. En automne, on se sent si fébrile quand on se promène en forêt, on s'extasie devant les différentes teintes automnales, elles nous font vivre un moment enchanté avant de s'évanouir dans le temps.



Pourtant, ces feuilles étaient bien là tout l'été, vertes et brillantes, mais personne ne les avait remarquées. Ce n'est que dans leur phase terminale que nous les trouvons si belles, que nous réalisons qu'elles s'en vont pour de bon et nous regrettons de ne pas avoir été plus attentifs à leur existence.

En marchant avec ma caméra, je m'arrête pour mieux les observer, un face à face solitaire et intime. C'est merveilleux parce qu'à travers ma lentille, je leur promets une vie éternelle. Un dernier signe d'amour et de respect pour cette vie éphémère.



  « Si l’amour appartient au poète et la peur au romancier, alors la solitude appartient au photographe. Être photographe, c’est entrer dans le monde des solitaires, parce que c’est un exercice artistique profondément personnel.» Olivia Laing

Mes pensées s'envolent bien plus loin. Tout comme ces feuilles, nous aussi on s'accroche à nos souvenirs ou aux douloureux moments de notre existence, on s'accroche à une séparation, à une perte physique ou matérielle, on s’accroche à des regrets, à des "si", mais aussi à un sourire, un geste tendre, une parole douce, un espoir, un nouvel amour,...on s'accroche pour ne pas tomber, on s'accroche à la vie, à chaque jour qu'il nous est donné de vivre pleinement.


Cette feuille qui se détache et tombe

achève une étape de la vie, une saison, elle est le tic tac du temps qui passe. On dit que l'automne est une saison durant laquelle on est nostalgique, c'est vrai, du moins c'est ce que je ressens souvent en l'absence de ma famille, des êtres que j'aime et qui sont loin de moi.


Lorsque ma caméra se pose sur une feuille, j'établis une sorte de dialogue visuel, je me laisse absorber par sa grâce, je prends le temps de m’en inspirer.


Parfois elle se recroqueville, et malgré ses ridules et ses nervures proéminentes, elle affiche fièrement sa vieillesse avec pour seul souci de profiter des derniers rayons de soleils, sentir le murmure du vent, et profiter de l'ultime souffle de sa courte existence.



Emportée par le vent, j'associe sa chute à l'Art du laisser aller, pour faire place à ce qui compte vraiment dans notre vie; nous prenons une pause pour mieux nous reconnecter, lâcher ce qui n’est plus, accepter et apprendre à continuer à vivre avec ce que l'on a, et qui fait de nous ce que nous sommes au moment présent.


Ce temps de répit nous permet d'aller chercher la sève qui va nourrir les saisons à venir, pour mieux créer et nous remettre en mouvement, accueillir de nouveaux projets, saisir les opportunités et faire de nouvelles rencontres...L'éternel cycle de la vie.



Voilà comment une simple feuille accrochée à un arbre crée un lien intrinsèque avec la nature et comment la photographie implique une profonde introspection personnelle.

A chacune de mes sorties en forêt, je reviens avec un regain d'énergie et de sérénité, heureuse d'avoir rendu hommage à ces feuilles saisonnières pour avoir partagé un moment magique empreint de tant d'émotions.


La prochaine fois que vous rencontrerez une feuille solitaire, arrêtez-vous et imprégnez-vous du Blues de son âme. Pure magie...



« Grâce à la photographie, nous pouvons figer et transmettre des émotions, des ambiances, enregistrer et prolonger des souvenirs dans le temps, à travers un moment saisi qui devient éternel.»
 




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